Retour

Appel du 18 joint, vendredi 18 juin 1999, pour la légalisation du débat sur les drogues douces

(interdite par la mairie, cette manif s'est tenue cent mètres plus loin...)

La loi du 31 décembre 1970 interdit de publier la plupart des informations concernant les drogues rendues illégales par le législateur. Impossible donc de comparer les méfaits d'une drogue légale et ceux d'une drogue illégale, dans le cadre d'un véritable combat contre les drogues les plus dangereuses. Impossible de tenir un vrai débat sur le sujet. Que faire ? Nous avons choisi de demander la prohibition de l'alcool, comme dans les années 30. Iseline est allée tendre ce tract à Alain Juppé, maire de Bordeaux, de retour de Vinexpo. "C'est bien..."

Et pourquoi pas la prohibition de l'alcool ?

L'alcool tue chaque année, on ne le sait que trop, en étant à l'origine d'accidents de la route et de certaines maladies. Mais les dommages sociaux liés à l'alcool sont aussi très importants : accidents domestiques, incendies, actes de violence, divorces, suicides, noyades. La suralcoolisation est en cause dans de nombreux dysfonctionnements sociaux, troubles relationnels et comportements dommageables à autrui.

Interdisons donc l'alcool, sans nous poser plus de questions !
Poursuivons ceux qui participent à sa production,à son trafic ou qui le consomment. Pour protéger la société, laissons se développer des circuits clandestins et mafieux, habituons les consommateurs à transgresser des lois qu'ils jugent ridicules et inadaptées, laissons-les consommer des produits de mauvaise qualité, encore plus toxiques que les produits dont la qualité est contrôlée par l'Etat, et surtout refusons de recueillir des taxes dues à une conduite dépravée.

Marie Bizarre et Château Pinard en prison !


Autre solution : prendre le risque de faire l'apologie de substances illicites. Paul Chauvin, notre trésorier, médecin anesthésiste, dresse un tableau des usages thérapeutiques du cannabis.

Prohibition : à qui profite le crime ?

L'Organisation mondiale de la Santé a reconnu récemment que les trois drogues les plus dangereuses étaient le tabac, l'alcool et l'héroïne. Deux d'entre elles sont en vente libre et enrichissent notre Etat, en même temps qu'elles assèchent les comptes de la Sécurité Sociale. Alors que le cannabis, drogue douce, rappelons-le, est interdit dans la plupart des pays d'Europe. On peut expliquer cette répartiition irrationnelle entre drogues légales et illégales par des raisons culturelles. On peut aussi se demander à quels lobbies mafieux elle profite...

La quasi-totalité des médicaments est pourvue d'effets indésirables, tandis que de nombreuses drogues, dont la morphine, médicament de référence dans le traitement de la douleur, sont pourvues d'effets médicaux. Alors où est la barrière entre médicaments et drogues ? Seuls les médecins peuvent y répondre, et pas les policiers.

Le cannabis est légalisé en Californie sur ordonnance, pour ses nombreuses vertus médicales. On peut l'utiliser contre la douleur, pour stimuler l'appétence des malades qui ne se nourissent plus, pour le traitement du glaucome ou pour ralentir la progression de la sclérose en plaques... Hélas la loi interdit aujourd'hui de présenter sous un jour favorable les drogues qui ont été prohibées, empêchant ainsi la publication des ces informations et la tenue d'un véritable débat sur le sujet. Légalisons le débat... et demain, le reste.

Retour