Alors que toute la France pleurait les
dégâts de la tempête, l'accident de la centrale nucléaire du
Blayais dans la nuit du 27 au 28
décembre 1999 est passé presque inaperçu.
Seulement quelques lignes dans nos journaux nationaux, mais une
mauvaise nouvelle de plus aurait pu définitivement
gâcher le réveillon de l'an 2000.
Il faut dire qu'EDF et la préfecture ont tout
fait pour ne pas
ébruiter l'affaire. Le
préfet a la charge d'informer la population en cas d'accident,
ça n'a pas été fait. Ce sont les journalistes du
journal local Sud-Ouest qui ont averti les habitants de la Gironde
presque quinze jours après l'accident.
Voici les faits : la tempête a provoqué une inondation
dans la centrale nucléaire de Braud- Saint-Louis à coté de Blaye en Gironde et
malgré l'affirmation de EDF qui garantissait avant la
tempête de la parfaite isolation des galeries techniques,
celles-ci ont été inondées de plus d'un
mètre d'eau saumâtre.
Le système de sauvegarde de deux réacteurs
a alors été neutralisé ainsi que le
système de refroidissement par le fleuve de l'un de ces deux
réacteurs.
Un accident imprévisible ?
Non, puisqu'après une première rehausse
des digues réalisée dans les années 80, une
révision des études avait conclu en 1998 à la
nécessité de surélever de cinquante
centimètres à nouveau cette digue. Or, Martine
Griffon-Fouco (déléguée régionale d'EDF)
a déclaré: " L'idée que l'eau franchisse la
digue existante restait improbable. D'ailleurs, elle n'aurait pas
suffi : la nuit de la tempête, les vagues passaient à 1
mètre, 1 mètre 50 au-dessus. "
Sur combien " d'idées improbables " la sécurité de nos
centrales repose-t-elle ?
Le réseau Sortir du nucléaire affirme que huit réacteurs d'autres
centrales pourraient subir également des inondations. Mais EDF
continue de nous faire croire que le nucléaire est une source
d'énergie propre et sûre !
Après deux manifs
organisées par le collectif girondin Sortir du Nucléaire auquel Chiche ! Bordeaux participe activement,
le sous-préfet de Blaye a accepté de recevoir une
délégation, en minimisant l'accident, bien
sûr...
Nous continuons cependant à mener des actions
pour :
- tout d'abord demander toute la vérité sur l'accident de Blaye,
- demander la fermeture de la centrale, surtout si les digues n'ont pas été relevées d'au moins deux mètres,
- tout ceci bien sûr en attendant que la France se décide enfin de sortir du nucléaire comme la plupart de nos voisins européens.
Pour l'instant, les digues n'ont pas été relevées et deux
réacteurs sur quatre continuent à fonctionner à
Braud-Saint-Louis, et un autre est sur le point de d'être
relancé.
Iseline
PS : A1lez voir le site de Tchernoblaye, il est super !!!
.
Pour info la centrale de Blaye (ou plutôt du Blayais) est située au Nord-Nord-Ouest de Bordeaux, à environ 60 km à peine, face aux vignobles de St Estèphe et Pauillac