La marée
noire de l'Erika et les deux
tempêtes de la fin
décembre: deux fatalités ? Aucun lien entre les deux ?
A priori rien ne semble lier ces deux catastrophes. Et pourtant.
Rappelons quelques vérités.
Le naufrage de
l'Erika, c'est, au-delà de la volonté de la firme
Total-Fina de réduire ses coûts au détriment de
la sécurité, la conséquence de choix en
matière de transports. 58 % du pétrole importé
en France sert à la circulation routière, au
"tout-bagnole" (carburants, énergie pour la fabrication des
véhicules, construction des routes et autoroute). Le
tout-bagnole a de multiples conséquences: pollution
atmosphérique, sonore, insécurité
routière, engorgement des villes... et marées noires.
Réduire la place de la "Bagnole" et favoriser les transports
en communs, marche à pied et vélo, c'est donc diminuer
la demande en pétrole donc diminuer la nécessité
de le transporter et donc le risque de marées noires.
Aux nuisances
énumérées du tout-bagnole il convient d'ajouter
l'émission des gaz a effet de serre (émission à
laquelle participe à plus de 40 % la circulation
routière). Et de rappeler les conséquences de l'effet
de serre, le réchauffement de la planète. Il ne s'agit
pas d'une simple augmentation de la température. Il s'agit
aussi de dérèglements climatiques avec une augmentation
significative en fréquence et en intensité
d'inondations, de tempêtes, de cyclones, de
sécheresse... Déjà les sociétés de
ré-assurance avaient fait procéder à des
études afin de savoir les conséquences et donc les
coût de ces catastrophes "naturelles" (naturelles mais
amplifiées par l'activité humaine). Ces catastrophes
"naturelles" ont vu leur nombre multiplié par 4 ces 10
dernières années. Les scientifiques avaient pourtant
tiré le signal d'alarme.
Loin de nous
l'idée d'associer avec une certitude exagérée
les deux tempêtes "du siècle" des 26 et 27
décembre à ce réchauffement de la
planète. Loin de nous l'idée de prédire
l'Apocalypse. Mais nous nous devons de voir dans ces deux
catastrophes des signaux d'alarme: l'utilisation des énergies
fossiles n'est pas sans conséquence.
Lors de son
banquet (AG) Chiche ! c'est fixé comme campagne prioritaire
pour cette nouvelle année "The Bet" (Le Pari). The Bet c'est
le pari de faire chuter l'émission de CO2 issue de
l'utilisation des énergies fossiles, de 8 %, non pas en 8 ans
comme l'a décidé l'Union Européenne, mais en 8
mois.
L'actualité vient nous rappeler de façon
malheureuse la pertinence d'une telle campagne.
Fidèles
à l'un des grands principe de l'écologie: penser
globalement, agir localement, Chiche ! a décidé de
réagir concrètement à Bordeaux.
Diminuer
l'effet de serre concrètement c'est quoi ? En dehors des
économies d'énergie, du choix du recyclage plutôt
que celui de l'incinération, c'est favoriser les modes de
transports non polluants. Pour les petits trajets en ville, la
voiture est plus qu'ailleurs le moyen de transport le plus polluant,
le plus générateur de CO2. De plus en plus nombreux
sont celles et ceux qui, ayant pris conscience du problème, et
préférant respirer l'air que le polluer, reprennent
leur vélo ou circulent à pied.
Malheureusement, circuler ainsi dans Bordeaux
relève du parcours du combattant. Nombre de voitures en
stationnement irrégulier s'approprient Les trottoirs et les
bandes cyclables.
Ce 13 janvier,
les jeunes écolos alternatifs et solidaires de Chiche ! ont
effectué une opération gare (à) ta caisse rues
Lafontaine et Jules-Steeg, fameuses pour leurs bandes cyclables et
leurs trottoirs encombrés par des voitures en stationnement
irrégulier.
Nous avons
collé des autocollants Chiche ! "gare (à) ta caisse"
sur les voitures mal garées, en les accompagnant d'un tract
expliquant les raisons de notre acte. Nous souhaitons protester de
manière énergique contre ces voitures garées
n'importe où qui empêchent cyclistes et piétons
de circuler comme ils en ont le droit.
Nous pensons
par ailleurs particulièrement à toutes les personnes
à mobilité réduite pour qui circuler en ville
est un vrai casse-tête.
Nous pensons
aussi aux généreuses déclarations municipales
faisant état d'un nombre impressionnant de kilomètres
de "pistes cyclables" dans notre ville, alors que ces
aménagements prévus pour les cyclistes ont pour nom en
français "bandes cyclables", et en bordelais "places de
stationnement pour automobiles". Nous en profitons pour rappeler aux
automobilistes que si quelqu'un, en essayant d'éviter leur
voiture en stationnement irrégulier, a un accident, ils en
sont légalement responsables. Nous en profitons aussi pour
rappeler aux automobilistes qu'ils participent à l'effet de
serre et à ses effets sur le climat, et nous les incitons
à retrouver eux aussi la liberté de circuler en
vélo et à pied dans les rues de Bordeaux... sans
polluer.