Communiqué de Chiche ! Bordeaux les jeunes écolos alternatifs et solidaires

(13 janvier 2000)

 

Marée noire, Tempête :

Et si on se donnait les moyens d'éviter que cela recommence ?

Chiche !

 

La marée noire de l'Erika et les deux tempêtes de la fin décembre: deux fatalités ? Aucun lien entre les deux ? A priori rien ne semble lier ces deux catastrophes. Et pourtant. Rappelons quelques vérités.

Le naufrage de l'Erika, c'est, au-delà de la volonté de la firme Total-Fina de réduire ses coûts au détriment de la sécurité, la conséquence de choix en matière de transports. 58 % du pétrole importé en France sert à la circulation routière, au "tout-bagnole" (carburants, énergie pour la fabrication des véhicules, construction des routes et autoroute). Le tout-bagnole a de multiples conséquences: pollution atmosphérique, sonore, insécurité routière, engorgement des villes... et marées noires. Réduire la place de la "Bagnole" et favoriser les transports en communs, marche à pied et vélo, c'est donc diminuer la demande en pétrole donc diminuer la nécessité de le transporter et donc le risque de marées noires.

Aux nuisances énumérées du tout-bagnole il convient d'ajouter l'émission des gaz a effet de serre (émission à laquelle participe à plus de 40 % la circulation routière). Et de rappeler les conséquences de l'effet de serre, le réchauffement de la planète. Il ne s'agit pas d'une simple augmentation de la température. Il s'agit aussi de dérèglements climatiques avec une augmentation significative en fréquence et en intensité d'inondations, de tempêtes, de cyclones, de sécheresse... Déjà les sociétés de ré-assurance avaient fait procéder à des études afin de savoir les conséquences et donc les coût de ces catastrophes "naturelles" (naturelles mais amplifiées par l'activité humaine). Ces catastrophes "naturelles" ont vu leur nombre multiplié par 4 ces 10 dernières années. Les scientifiques avaient pourtant tiré le signal d'alarme.

Loin de nous l'idée d'associer avec une certitude exagérée les deux tempêtes "du siècle" des 26 et 27 décembre à ce réchauffement de la planète. Loin de nous l'idée de prédire l'Apocalypse. Mais nous nous devons de voir dans ces deux catastrophes des signaux d'alarme: l'utilisation des énergies fossiles n'est pas sans conséquence.

Lors de son banquet (AG) Chiche ! c'est fixé comme campagne prioritaire pour cette nouvelle année "The Bet" (Le Pari). The Bet c'est le pari de faire chuter l'émission de CO2 issue de l'utilisation des énergies fossiles, de 8 %, non pas en 8 ans comme l'a décidé l'Union Européenne, mais en 8 mois.

L'actualité vient nous rappeler de façon malheureuse la pertinence d'une telle campagne.

Fidèles à l'un des grands principe de l'écologie: penser globalement, agir localement, Chiche ! a décidé de réagir concrètement à Bordeaux.

Diminuer l'effet de serre concrètement c'est quoi ? En dehors des économies d'énergie, du choix du recyclage plutôt que celui de l'incinération, c'est favoriser les modes de transports non polluants. Pour les petits trajets en ville, la voiture est plus qu'ailleurs le moyen de transport le plus polluant, le plus générateur de CO2. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui, ayant pris conscience du problème, et préférant respirer l'air que le polluer, reprennent leur vélo ou circulent à pied.

Malheureusement, circuler ainsi dans Bordeaux relève du parcours du combattant. Nombre de voitures en stationnement irrégulier s'approprient Les trottoirs et les bandes cyclables.

On passe a l'action !

Ce 13 janvier, les jeunes écolos alternatifs et solidaires de Chiche ! ont effectué une opération gare (à) ta caisse rues Lafontaine et Jules-Steeg, fameuses pour leurs bandes cyclables et leurs trottoirs encombrés par des voitures en stationnement irrégulier.

Nous avons collé des autocollants Chiche ! "gare (à) ta caisse" sur les voitures mal garées, en les accompagnant d'un tract expliquant les raisons de notre acte. Nous souhaitons protester de manière énergique contre ces voitures garées n'importe où qui empêchent cyclistes et piétons de circuler comme ils en ont le droit.

Nous pensons par ailleurs particulièrement à toutes les personnes à mobilité réduite pour qui circuler en ville est un vrai casse-tête.

Nous pensons aussi aux généreuses déclarations municipales faisant état d'un nombre impressionnant de kilomètres de "pistes cyclables" dans notre ville, alors que ces aménagements prévus pour les cyclistes ont pour nom en français "bandes cyclables", et en bordelais "places de stationnement pour automobiles". Nous en profitons pour rappeler aux automobilistes que si quelqu'un, en essayant d'éviter leur voiture en stationnement irrégulier, a un accident, ils en sont légalement responsables. Nous en profitons aussi pour rappeler aux automobilistes qu'ils participent à l'effet de serre et à ses effets sur le climat, et nous les incitons à retrouver eux aussi la liberté de circuler en vélo et à pied dans les rues de Bordeaux... sans polluer.

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