Quel est le
rapport entre le temps qu'il fait et le nombre de vermicelles dans
la soupe ? Entre la taille d'un homme et son quotient intellectuel ?
Entre la coiffure d'une femme et sa générosité ?
Et le rapport entre le nombre de dents de lait d'un enfant et
ses notes en maths ?
Aucun bien
évidemment ! A la question du rapport entre la qualité
d'un élu et sa sexualité, la réponse est tout
aussi évidente puisqu'il n'y a aucun lien : la politique ne se
pratique pas dans un lit. Les qualités d'un élu,
au-delà des idées qu'il défend, sont le respect de l'engagement donné et sa
capacité à résoudre les problèmes des
citoyens. Juger un élu sur ses goûts, seraient-ils peu
courants : quelle drôle d'idée !
Pourtant, c'est
parce qu'il est homosexuel que Philippe
Meynard, maire adjoint du village de Barsac, s'est vu poussé
à la démission. Préjugés, calomnie et
méthodes peu glorieuses ont eu raison de son courage.
En plein
débat sur le PaCS, les jeunes militants de Chiche ! , issus
principalement du milieu rural, étaient fiers de cet exemple
de respect de la différence venu
d'un petit village, comme un pied de nez aux citadins et à
leurs préjugés sur les ruraux quant à leur
culture, leur instruction et leur esprit d'ouverture.
Malheureusement, les préjugés de ce que nous
espérons être une minorité, ont eu raison de
cet espoir et nous font craindre que, longtemps encore, les ruraux
passent auprès des citadins pour des rétrogrades,
incultes et obtus.
Même si
nous ne partageons pas les même orientations politiques que
Philippe Meynard, nous aurions tant aimé que les barsacais
montrent avant tout les autres qu'il n'y a pas plus de lien entre
l'homosexualité d'un élu et sa compétence
qu'entre la couleur du ciel et la choucroute.